Eva Besnyö, l’image sensible au Jeu de Paume

Le Musée du Jeu de Paume consacre une première rétrospective à l’oeuvre d’Eva Besnyö, photographe hongroise d’avant-garde. Moins connue que ses compatriotes André Kertész ou Robert Capa, cette exposition permet de découvrir ses clichés émouvants et engagés.

Sans titre – 1931, Le lido de Wannsee, Berlin – Eva Besnyö
Collection privée, Berlin.
 © Eva Besnyö / Maria Austria Instituut Amsterdam

On est forcément attirés par l’affiche… un couple en vacances sur la plage, image intemporelle de vacances heureuses dans un album familial que l’on feuillette en mode vintage-chic; puis on découvre qu’il s’agit d’instants précieux qui annoncent des heures plus sombres.

Chaque pièce nous transpose à différentes époques, retraçant l’histoire; en tant qu’artiste juive, elle quittera la Hongrie fasciste pour Berlin en 1930, décidant de se consacrer à la photographie. Elle sillonnera la ville pour capter des instantanés sur les chantiers en construction et rendre compte de la condition ouvrière. Se sentant de nouveau en danger, elle partira deux ans plus tard à Amsterdam où elle s’établira définitivement.

Monteur devant une vitrine – Berlin, 1931  – Eva Besnyö
Collection Iara Brusse, Amsterdam.
© Eva Besnyö / Maria Austria Instituut Amsterdam

En 1933, elle deviendra célèbre du jour au lendemain suite à la première exposition personnelle qui lui sera consacrée. On note ensuite la série d’images d’architecture, qui s’inscrivent dans une “Nouvelle Vision”, un courant photographique né dans les années 1920, qui vise à moderniser les prises de vue. S’affranchissant des règles héritées du siècle précédent, il prétend proposer un rendu net et exact de la réalité.

Dans la dernière partie de sa vie Eva Besnyö affirmera ses engagements féministes que l’on sentait poindre dès les années 1930, comme l’illustre la galerie de portraits de femmes. Dans les années 1970, elle devint active dans le mouvement hollandais “Dolle Mina” qui luttait pour l’égalité des droits en couvrant les manifestations avec son appareil-photo.

1932 – Le photographe John Fernhout qui devint le mari d’Eva Besnyö, avec son Rolleiflex, appareil inventé en 1929. Photo Victoria Gairin
© Eva Besnyö/Maria Austria Instituut Amsterdam

Si l’on peut regretter que les 120 tirages d’époque ne soient pas suffisamment mis en valeur dans un espace qui semble confiné, le Musée du Jeu de Paume a l’art de nous faire (re)découvrir des photographes oubliés.
Les images que nous laisse Eva Besnyö sont empreintes d’une mémoire collective, teintées d’activisme politique et d’une touche poétique.

Narda, Amsterdam – 1937 – Eva Besnyö – Collection privée, Berlin.
© Eva Besnyö / Maria Austria Instituut Amsterdam

Eva Besnyö, 1910-2003 : l’image sensible – Jusqu’au 23 septembre 2012
Musée du Jeu de Paume
1 place de la Concorde – 75008 Paris (Métro Concorde)
http://www.jeudepaume.org/

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