Histoire idéale de la mode, un voyage dans les années 1990-2000

Le Musée des Arts Décoratifs poursuit une quête d’une histoire idéale de la mode en proposant une sélection des créations les plus emblématiques de chaque créateur, les défilés les plus remarquables en vidéo ainsi qu’un décryptage des tendances de ces 20 dernières années…

John Galliano pour Dior – Haute couture 2005-2006
© Guy Marineau – Musée des Arts décoratifs

L’empreinte de Martin Margiela

En atteignant le premier étage, on se retrouve immédiatement projeté dans l’univers de Martin Margiela, un couturier belge, totalement à part… Une première impression qui ne nous quittera plus tout au long de l’exposition. Son style conceptuel et pourtant accessible, nous saisit instantanément. Une robe composée de lacets de chaussures formant une cascade de cordons se trouve à côté d’une tenue élaborée à partir de rideaux de porte « chenille » lui conférant un effet serviette-éponge…

Maison Martin Margiela – Prêt-à-Porter, Printemps-Eté 2008
© Guy Marineau – Musée des Arts décoratifs

Que sait-on de lui ? On découvre qu’il entretient l’anonymat, donne peu d’interviews…De rares clichés de son visage se perdent dans les limbes de la mode comme cette photo datant de 1997, publiée par le New York Times…Il disparaît même des étiquettes de ses réalisations; les visages de ses mannequins sont également masqués. Il se distingue par une recherche permanente autour des vêtements….Après avoir été l’assistant de Jean-Paul Gaultier et 20 ans de création, il se retire fin 2009 pour réfléchir à d’autres horizons; la Maison qui porte son nom – et qui appartient aujourd’hui au Groupe Diesel – poursuit cette approche expérimentale…

Un festival d’univers contrastés

Après cette entrée en matière, on cherche d’autres chocs visuels : la palette noire de Viktor & Rolf avec une garde-robe générée à partir d’un négatif photo ou la fantaisie de Vivienne Westwood aristo-chic décadente et son défilé « Vive la Cocotte » où l’on retrouve tweeds et tartans dans un esprit XVIIème siècle… On redécouvre avec émotion le défilé d’Alexander McQueen « On achève bien les chevaux » et on sourit devant les robes Pleats Please d’Issey Miyake qui se déploient comme un paon majestueux.

Issey Miyake Pleats Please – Prêt-à-Porter Printemps-Eté 1994
© Philippe Bazil – Musée des Arts décoratifs

Ces années voient également l’émergence de Tom Ford qui se révèle pour Gucci avec des robes-bijou ou de Nicolas Ghesquière qui signe la Renaissance de la Maison Balenciaga.

Des créations innovantes

Rei Kawakubo symbole de l’avant-garde japonaise nous surprend. Elle crée le label Comme des Garçons et propose des vêtements aux formes étonnantes : des robes gonflées comme des bulles de chewing-gum ou des vêtements de styles différents superposés donnant ainsi des créations très originales. Elle rejoint ainsi Yohji Yamamoto autre figure japonaise, dont elle fut l’amie et qui s’inscrit également dans ce même mouvement novateur avec des lignes plus sobres.

Rei Kawakubo -Comme des Garçons- Prêt-à-Porter 1987
© Guy Marineau – Musée des Arts décoratifs

L’expérimentation apparaît également avec des vêtements conçus à partir de matériaux innovants. La marque E2 formée par Michèle et Olivier Chatenet recycle des pièces chinées aux puces ou dans les ventes aux enchères. Ils proposent de nouvelles créations uniques tout en respectant l’esprit d’origine… Des foulards des années 1950-60, se retrouvant ainsi transformés en top ou en robes très modernes…

E2 – Prêt-à-porter -Eté 2010
© Goran Vejvoda- Musée des Arts décoratifs

La magnificence théâtrale de John Galliano

L’autre moment fort de ce parcours nous est proposé par John Galliano dont les créations pour Dior ou pour sa propre griffe ne passent pas inaperçues allant jusqu’à éclipser les autres couturiers-stars… Un numéro d’excentricité majestueuse ! Des personnages en costume, des perruques surdimensionnées et des coupes asymétriques nous entraînent dans un tourbillon de couleurs et de matières.

John Galliano – Printemps-Eté 2003
© Guy Marineau – Musée des Arts décoratifs

Cette exposition offre un kaléidoscope de styles très différents… Le minimalisme côtoyant l’exubérance, le monochrome noir ou blanc jouxtant des univers multicolores parfois baroques, les courbes multiples se heurtant aux lignes très graphiques… Des créateurs conceptuels interpellant les couturiers traditionnels…Des écoles belge, anglaise, japonaise, comme tentative de décryptage stylistique… Des grandes maisons qui basculent vers l’industrie du luxe et des maisons indépendantes dont on s’étonne qu’elles puissent encore exister… Une plongée dans ces 20 dernières années de créations où chacun pourra trouver un univers qui lui ressemble.

Histoire idéale de la mode, Vol. II –  Années 1990-2000 – Jusqu’au 8 mai 2011
Musée des Arts Décoratifs – 107 rue de Rivoli – 75001 Paris ( Métro Palais Royal- Musée du Louvre)
http://www.lesartsdecoratifs.fr/

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