Basquiat, Wonder Kid de l’Art

Le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris consacre une exposition exceptionnelle à l’oeuvre de Jean-Michel Basquiat, prodige de l’art, qui aura traversé les années 1980 comme une météorite… Une oeuvre saisissante et indissociable de sa personnalité.

Jean-Michel Basquiat dans son atelier de Great Jones Street
par Lizzie Himmel – New-York, 1985

Jean-Michel Basquiat meurt en 1988 à 27 ans d’une overdose. Pressentant la brièveté de son passage, il s’enivre dans un tourbillon créatif. En moins de 10 ans, il réalise 800 toiles et 3000 dessins. Il crée sur n’importe quel support à portée de main : rideaux, bâches recouvrant les palettes de transport, nappes, et même sur un frigidaire présenté à l’exposition. Des créations très fragiles qu’il fut délicat de transporter…

Une oeuvre où se mélangent des références historiques, sociales et personnelles; la couronne omniprésente sur ses tableaux, allusion probable à ses origines nobles… Des couleurs jaune, rouge et noir, rappelant ses origines caribéennes –  Haïtien par son père, Portoricain par sa mère – et le continent africain… La représentation du racisme prégnant dans le New-York des années 80… Les mots comme des incantations vaudoues pour dénoncer et pour conjurer l’injustice. Son panthéon personnel où les jazzmen Charlie Parker en tête côtoient 5 boxeurs mythiques dont Mohammed Ali – Cassius Clay à l’époque sur la toile de Basquiat.

Jean-Michel Basquiat « In Italian », 1983 – The Brant Foundation, USA
© The Estate of Jean-Michel Basquiat – © ADAGP, Paris 2010

Un style qui mélange graffitis, Bande Dessinée, peintures et dessins anatomiques – suite à un accident à l’âge de 8 ans, il subit l’ablation de la rate, sa mère lui offrit alors un livre sur l’anatomie du corps humain pour patienter à l’hôpital -… Basquiat est de toute évidence, resté en enfance; lors de ma visite, les nombreux enfants présents ne manquaient pas d’enthousiasme pour ses créations qui semblaient parler leur langage !

Jean-Michel Basquiat ne venait pas de la rue mais d’une famille de la moyenne bourgeoisie; cependant, on retrouve dans son art des influences Street Art. L’art primitif qu’il a voulu réhabiliter est également présent avec force mais in fine son style demeure inclassable.

Il y a aussi le Basquiat people et star du milieu underground dont Blondie et Madonna seront des fans, très proches. La rencontre avec Warhol tant attendue qui donnera lieu à la production de plusieurs toiles en commun mais dont on retiendra surtout le portrait photographique que le Pape du Pop-Art réalisera de l’enfant prodige…

Andy Warhol Jean-Michel Basquiat 1982
Galerie Bruno Bischofberger, Zurich
© The Andy Warhol Foundation for the Visuals Arts, Inc – © ADAGP, 2010

On garde l’empreinte de toiles souvent géantes qui submergent le visiteur, de très beaux portraits de Basquiat tirés en format mural, la sensation d’une ronde dans l’univers d’un enfant sans limites qui semble dire ne m’oubliez pas. On ressort imprégnés d’un art marqué par un New-York des années 80 aux racines afro-caribéennes… Jean Michel Basquiat a su donner ses lettres de noblesse et son âme à l’art underground…

Basquiat – Jusqu’au 30 janvier 2011
Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris – 11 avenue du Président Wilson – 75116 Paris (Métro Iéna ou Alma-Marceau)
Du mardi au dimanche de 10h à 18h
http://mam.paris.fr/fr/expositions/basquiat

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s